Signification

Mahr

مَهْر

mahr · mahr (rhymes with 'far')

Le mahr est le don obligatoire qu'un époux musulman remet à son épouse dans le cadre du contrat de mariage. Propriété exclusive de celle-ci, il constitue une marque de respect et d'engagement, non le prix de la mariée.

Autres orthographes

Mahr / Mehr / Maher / Mahar / Mehar

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Qu'est-ce que le Mahr ?

Mahr vient de la racine arabe m-h-r et désigne le don nuptial remis par un époux à son épouse. Il s'agit d'un élément obligatoire de tout contrat de mariage islamique (nikah) valide. Loin de constituer le prix d'achat de la mariée, il témoigne du respect, de la sincérité et de l'engagement financier de l'époux envers elle. Contrairement à la dot de certaines traditions culturelles, qui passe de la famille de la mariée à l'époux, le mahr va dans le sens inverse et devient la propriété personnelle exclusive de l'épouse, libre de l'utiliser, de l'épargner ou de l'investir comme elle le souhaite.

L'obligation de remettre le mahr est considérée comme wajib, c'est-à-dire un devoir contraignant pour l'époux dans le cadre du contrat de mariage. Le mariage n'est pas considéré comme complet sans que le mahr soit précisé ou, à tout le moins, implicitement fixé conformément à l'usage. Les juristes distinguent le mahr musamma, dont le montant est explicitement indiqué dans le contrat, du mahr al-mithl, une valeur équitable déterminée selon la coutume lorsqu'aucun montant n'a été précisé. Le droit de l'épouse au mahr ne reste ainsi jamais entièrement indéfini.

Les quatre madhabs sunnites s'accordent sur le caractère obligatoire du mahr, mais divergent sur certains détails. L'école hanafite fixe un seuil monétaire minimal en deçà duquel le mahr n'est pas considéré comme valide. Les écoles malikite, shafi'ite et hanbalite ne prévoient pas de minimum fixe et retiennent plutôt tout don raisonnable et licite accepté d'un commun accord par le couple. Toutes déconseillent un mahr excessivement élevé qui pourrait engendrer des difficultés, suivant en cela l'exemple prophétique de montants modestes et raisonnables.

Le mahr peut prendre de nombreuses formes autres qu'une somme d'argent : de l'or, un bien immobilier ou tout objet licite ayant une valeur et accepté par le couple. Il peut également être versé immédiatement et en totalité au moment du mariage (mu'ajjal), ou être différé (mu'akhkhar) jusqu'à une date convenue, un divorce ou un décès. De nombreux couples adoptent cette seconde formule pour concilier les réalités immédiates et la sécurité financière à long terme de l'épouse.

Dans la pratique, le mahr constitue à la fois une garantie juridique et un symbole du sérieux avec lequel l'islam considère le mariage. Il offre à l'épouse une sécurité financière indépendante de la famille de son mari, décourage les unions hâtives ou irréfléchies et, si le mariage se termine plus tard par un divorce, lui permet généralement de conserver la totalité du montant si le mariage a été consommé, ou la moitié dans le cas contraire.

Exemples de Mahr

  • Mahr en argent : Un époux accepte de remettre à son épouse une somme précise au moment de la conclusion du contrat de mariage.
  • Or ou bijoux comme Mahr : Dans de nombreuses cultures, des pièces d'or ou des bijoux sont couramment proposés comme mahr, leur valeur étant convenue par le couple.
  • Mahr différé : Le couple décide qu'une partie du mahr sera versée immédiatement et que le solde le sera à une date ultérieure ou en cas de divorce.
  • Enseignement du Coran comme Mahr : Selon un hadith célèbre, un homme sans biens matériels proposa comme mahr d'enseigner à son épouse des passages du Coran qu'il avait mémorisés.

Références dans le Coran et les hadiths

« Et donnez aux épouses leur mahr de bonne grâce. Si, de leur plein gré, elles vous en abandonnent quelque chose, disposez-en alors à votre aise et de bon cœur. » — Sourate An-Nisa 4:4

Un homme se présenta au Prophète ﷺ avec le désir de se marier, mais sans rien posséder à offrir comme mahr. Le Prophète ﷺ lui demanda s'il connaissait une partie du Coran et, lorsqu'il répondit par l'affirmative, lui donna la femme en mariage avec cet enseignement pour mahr. — Sahih al-Bukhari 5087

Questions fréquentes

Que signifie Mahr en islam ?

Le mahr est une dot nuptiale au sens de don obligatoire remis par l'époux à l'épouse lors du mariage. Il devient la propriété personnelle et exclusive de celle-ci.

Le Mahr est-il identique à une dot ?

Non, si l'on entend par dot un bien transmis traditionnellement par la famille de la mariée à l'époux. Le mahr suit le mouvement inverse : il est remis par l'époux à la mariée elle-même et appartient exclusivement à celle-ci, non à sa famille.

Le montant du Mahr est-il fixé ?

Il n'existe aucun montant universel fixe : le couple en convient. L'école hanafite prévoit un minimum, tandis que les écoles malikite, shafi'ite et hanbalite n'en imposent pas de strict. Toutes recommandent toutefois une somme raisonnable et déconseillent les excès.

Le Mahr peut-il prendre une autre forme que de l'argent ?

Oui. Le mahr peut être une somme d'argent, de l'or, un bien immobilier ou tout objet licite ayant une valeur et accepté par les deux parties. Il peut même être immatériel, comme l'enseignement à l'épouse d'une partie du Coran, ainsi que le rapporte un hadith.

Qu'advient-il du Mahr si le mariage se termine par un divorce ?

Si le mariage a été consommé, l'épouse conserve la totalité du mahr, quelle que soit la personne qui demande le divorce. S'il prend fin avant la consommation, elle a généralement droit à la moitié du mahr convenu.