Signification
Riba
رِبَا
riba · ree-bah
Le Riba est le terme islamique désignant l’usure ou l’intérêt : toute majoration injuste et prédéterminée exigée sur un prêt, ou tout échange inégal de biens de même nature. Il est strictement interdit (haram) en islam.
Autres orthographes
Riba / Ribaa / Riba' / Reba / Ribah
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Qu’est-ce que le Riba ?
Le mot Riba vient de la racine arabe r-b-w, qui signifie « croître », « augmenter » ou « dépasser ». En droit islamique, il désigne toute majoration injustifiée et prédéterminée perçue dans le cadre d’un prêt ou de l’échange de certains biens — ce que l’on assimile le plus souvent aujourd’hui à l’intérêt. Le Riba est déclaré haram, la catégorie d’interdiction la plus ferme dans l’échelle des cinq statuts juridiques islamiques, et sa prohibition compte parmi les plus explicites et les plus catégoriques de toute la charia.
Les juristes distinguent traditionnellement deux formes de Riba. Le riba al-nasi’ah est le surplus exigé en contrepartie du délai de remboursement d’une dette ; il équivaut fonctionnellement à l’intérêt sur un prêt. Le riba al-fadl est l’échange inégal de deux quantités d’un même type de bien. Le Prophète ﷺ a ainsi interdit d’échanger une petite quantité de dattes de qualité supérieure contre une quantité plus importante de dattes de qualité inférieure de même nature, même en l’absence de délai ou de prêt. Ces deux formes procèdent d’une même injustice : tirer un profit sans partage réel du risque ni création d’une valeur correspondante.
Les quatre madhabs sunnites s’accordent unanimement sur l’interdiction du Riba, mais leur application présente certaines nuances. Un hadith bien connu cite six biens — l’or, l’argent, le blé, l’orge, les dattes et le sel — soumis aux règles du riba al-fadl. Les écoles divergent dans leur recours au qiyas (analogie) pour étendre cette règle à d’autres produits : certains juristes retiennent les biens pesés ou mesurés, d’autres l’ensemble des denrées alimentaires, tandis que les savants contemporains discutent de l’application de ces catégories classiques à la monnaie fiduciaire, aux monnaies numériques et aux contrats financiers modernes.
Concrètement, l’interdiction du Riba a façonné tout le domaine de la finance islamique. Les prêts conventionnels à intérêt, les intérêts de cartes de crédit et les obligations à rendement fixe sont considérés comme du Riba et évités par les musulmans pratiquants. À leur place, les banques islamiques proposent des solutions reposant sur le partage des profits et des pertes (mudarabah et musharakah), la vente avec marge (murabaha) ou la location (ijarah). Elles visent à produire des rendements licites grâce à une activité économique réelle et à un risque partagé, plutôt qu’à une majoration garantie d’une somme prêtée.
Au-delà de l’économie, les savants inscrivent l’interdiction du Riba dans une vision éthique plus large : elle protège les personnes vulnérables contre l’exploitation, favorise la générosité et un véritable partenariat commercial, et empêche que la richesse ne s’accumule entre quelques mains sans effort productif. C’est pourquoi le Coran évoque le Riba en des termes d’une sévérité inhabituelle et met en garde ceux qui persistent dans cette pratique.
Exemples de Riba
- Intérêt sur un prêt : exiger de l’emprunteur une somme supplémentaire uniquement en raison du temps écoulé constitue un cas classique de riba al-nasi’ah.
- Échange inégal d’or : échanger directement 10 grammes d’or contre 12 grammes d’or relève du riba al-fadl, même sans aucun délai.
- Intérêts de carte de crédit : les intérêts accumulés sur le solde impayé d’une carte de crédit sont considérés comme une forme moderne de Riba.
- Pénalités pour retard de paiement : de nombreux savants assimilent au Riba toute majoration automatique appliquée au remboursement tardif d’une dette.
Références dans le Coran et les hadiths
« Ceux qui consomment l’intérêt ne se lèveront [au Jour de la Résurrection] que comme se lève celui que le toucher de Satan a bouleversé [...] Or Allah a permis le commerce et interdit l’intérêt. » — Sourate Al-Baqarah 2:275
« Ô vous qui avez cru ! Ne consommez pas l’usure, multipliée plusieurs fois, et craignez Allah afin que vous réussissiez. » — Sourate Ali ’Imran 3:130
Le Prophète ﷺ a maudit celui qui consomme le Riba, celui qui le paie, celui qui en consigne l’acte et les deux témoins, en disant qu’ils sont tous égaux [dans le péché]. — Sahih Muslim 1598
Questions fréquentes
Que signifie Riba en islam ?
Le Riba désigne un accroissement ou un surplus injuste, notamment l’intérêt ou l’usure prélevé sur un prêt, ainsi que l’échange inégal de biens de même nature. Le droit islamique l’interdit formellement.
Quelles sont les deux principales formes de Riba ?
Le riba al-nasi’ah est la majoration exigée en contrepartie du report du remboursement d’une dette, comparable à l’intérêt conventionnel. Le riba al-fadl est le surplus injustifié dans l’échange direct de deux quantités d’un même bien, comme de l’or contre une quantité supérieure d’or.
Les quatre madhabs s’accordent-ils sur le Riba ?
Les quatre madhabs sunnites s’accordent pour déclarer le Riba haram. Ils divergent toutefois quelque peu sur les biens auxquels le riba al-fadl s’applique au-delà des six cités dans les hadiths et sur l’extension de la règle, par analogie (qiyas), aux instruments financiers modernes.
Pourquoi le Riba est-il interdit en islam ?
Le Riba est interdit parce qu’il est considéré comme un gain sans risque obtenu par l’exploitation d’autrui, contraire à l’équité, à la générosité et au partage effectif des risques exigé par l’éthique économique islamique.
Comment les musulmans évitent-ils aujourd’hui le Riba ?
Beaucoup recourent à des produits bancaires islamiques fondés sur le partage des profits et des pertes, la location ou la vente avec marge, au lieu de prêts à intérêt. Ils évitent aussi les cartes de crédit et les emprunts conventionnels qui facturent des intérêts.