Signification

Sihr

سِحْر

sihr · sih-r

Sihr est le terme arabe qui désigne la magie, la sorcellerie ou les pratiques occultes. Selon l'enseignement islamique majoritaire, le Sihr peut produire des effets réels par la permission d'Allah, mais le pratiquer ou y recourir est strictement interdit et compte parmi les péchés les plus graves.

Autres orthographes

Sihr / Sehr / Sihir / Seher / Sihar

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Qu'est-ce que le Sihr ?

Le mot Sihr vient de la racine arabe s-ḥ-r, qui évoque le fait de détourner une chose de sa véritable nature ou d'altérer la perception. De là vient son association ancienne avec l'illusion, l'envoûtement et les influences cachées. Dans l'usage islamique, le terme recouvre diverses pratiques : incantations, nœuds, talismans et recours aux djinns ou à d'autres forces invisibles dans le but d'agir sur le cœur, le corps ou la situation d'une personne.

Sur le plan théologique, le Sihr occupe une place soigneusement définie dans la croyance islamique. Les savants reconnaissent qu'il peut avoir des effets réels — maladie, discorde entre époux ou troubles émotionnels — mais seulement parce qu'Allah permet qu'ils se produisent, jamais en vertu d'un pouvoir autonome du sorcier. Cette distinction est essentielle au Tawhid : attribuer au sorcier un pouvoir parallèle ou indépendant de la volonté d'Allah se rapproche du shirk, qui consiste à donner des associés à Allah.

Le Coran relate lui-même la pratique du Sihr à la cour de Pharaon, dans le récit où Musa affronte les magiciens royaux. Il mentionne aussi Harut et Marut, deux figures angéliques envoyées comme épreuve, qui enseignaient certaines formes de Sihr tout en avertissant les gens de leur danger. Les juristes musulmans ont élaboré des règles détaillées pour distinguer la magie interdite des simples illusions ou tours d'adresse présentés comme divertissement, sans prétention à un pouvoir surnaturel.

Face à la peur que peut susciter le Sihr, le Coran et la Sunnah offrent un remède spirituel clair : s'en remettre à Allah, réciter régulièrement les versets de protection et garder la certitude qu'aucun mal n'atteint le croyant sans décret divin. Au lieu de vivre dans l'angoisse d'un mal invisible, les musulmans sont invités à répondre par l'adoration, le rappel d'Allah et la confiance.

Aujourd'hui encore, les inquiétudes liées au Sihr sont présentes dans de nombreuses communautés musulmanes. Elles conduisent parfois certaines personnes vers des guérisseurs non qualifiés ou des pratiques abusivement présentées comme de la ruqyah. Les savants recommandent de ne rechercher qu'un traitement spirituel légitime, fondé sur le Coran et pratiqué par des personnes compétentes, et de ne pas attribuer systématiquement les difficultés ordinaires à des causes surnaturelles.

Exemples de Sihr

  • Jeter un sort pour nuire : tenter de provoquer la maladie ou le malheur d'une personne au moyen d'incantations ou de talismans.
  • Sorts d'amour ou de séparation : recourir au Sihr afin de susciter l'affection ou la discorde entre un mari et son épouse.
  • Souffler sur des nœuds : pratique évoquée dans la sourate Al-Falaq, où les auteurs de Sihr nouent des fils et soufflent sur les nœuds pour causer du tort.
  • Consulter un voyant : rendre visite à un sorcier ou à un devin pour obtenir une connaissance cachée ou une intervention surnaturelle, ce que le Prophète ﷺ a fermement condamné.

Références dans le Coran et les hadiths

Sourate Al-Baqarah 2:102 — ce verset décrit comment certains suivirent ce que les démons racontaient au sujet du Sihr sous le règne de Sulaiman, et relate l'histoire de Harut et Marut, qui avertissaient : « Nous ne sommes qu'une épreuve ; ne sois donc pas mécréant. »

« Et Nous révélâmes à Musa : “Jette ton bâton.” Et voilà que celui-ci se mit à engloutir ce qu'ils avaient fabriqué. Ainsi la vérité se manifesta et ce qu'ils faisaient fut réduit à néant. » — Sourate Al-A'raf 7:117-118

« Et contre le mal de celles qui soufflent sur les nœuds [c'est-à-dire qui pratiquent le Sihr]. » — Sourate Al-Falaq 113:4

Questions fréquentes

Que signifie Sihr en islam ?

Sihr désigne la magie, la sorcellerie ou les pratiques occultes : des tentatives visant à agir sur les cœurs, les esprits ou les événements au moyen d'incantations, de talismans ou de rapports avec des forces invisibles.

Le Sihr est-il réel en islam ?

Selon la croyance sunnite majoritaire, le Sihr peut avoir des effets réels, mais uniquement par la permission d'Allah ; il ne peut nuire à personne de manière autonome, indépendamment de Sa volonté.

Pratiquer le Sihr est-il un péché majeur ?

Oui. Pratiquer ou commander un acte de Sihr est considéré comme l'un des péchés majeurs qui mènent à la perdition et peut même, selon certains avis savants, constituer un acte de mécréance.

Comment les musulmans peuvent-ils se protéger du Sihr ?

Parmi les protections courantes figurent la récitation d'Ayat al-Kursi, des sourates Al-Falaq et An-Nas, l'assiduité à la prière et au dhikr, ainsi qu'une confiance entière en la protection d'Allah.

Quel est le jugement islamique sur la consultation des sorciers ou des voyants ?

Elle est interdite. Des hadiths avertissent que consulter et croire un voyant ou un sorcier peut priver une personne de l'acceptation de ses prières, voire porter atteinte à sa foi.